La famille Pavie

   La ville d’Angers et le département de Maine-et-Loire peuvent s’enorgueillir d’avoir accueilli, durant la période mouvementée du début du dix-neuvième siècle, la famille Pavie, qui pour être quelque peu tombée dans l’oubli, n’en rayonna pas moins en Anjou et en France.

 Louis Pavie – coll. particulière 

Louis Pavie (1782-1859), ressuscita l’imprimerie fondée à Angers par son père avant la Révolution et contribua grandement au développement intellectuel local en fondant un supplément littéraire au journal des Affiches d’Angers qu’il dirigeait ; il siégea en tant que membre du conseil municipal de 1820 à 1826 puis comme maire-adjoint de 1826 à 1830, et fut à l’origine de la création du « Concert d’Etudes » en 1817, ainsi que de la « Société d’Agriculture des Sciences et des Arts d’Angers » en 1828.

Ses deux fils Victor (1808-1886) et Théodore (1811-1896), brillèrent dans les domaines artistiques, intellectuels et littéraires.

Victor Pavie par Cadeau – coll. particulière

Victor reprit la maison d’édition familiale, diffusant auprès des lecteurs les écrivains de la Renaissance comme Du Bellay, et les modernes, éditant entre autres Gaspard de la nuit d’Aloysius Bertrand. Ami de Hugo, de Sainte-Beuve, de Lamartine, il défendit le Romantisme, alors naissant. Il écrivit de nombreux poèmes, des critiques artistiques, des mémoires, et des récits de voyage, notamment celui qu’il fit avec David d’Angers à Weimar où il rencontra Goethe ; il fut également vice-président de la SASAA durant plusieurs décennies, et l’un des fondateurs des « Cercles catholiques ouvriers ».

Théodore Pavie – coll. particulière

Théodore, grand voyageur et éminent orientaliste, parlait neuf langues ; il rapporta de ses séjours en Amérique du Nord et du Sud, au Moyen-Orient, en Inde, à lîle de la Réunion… des carnets de dessins inédits ; il collabora à la Revue des Deux Mondes, signa d’autres articles dans l’Artiste, la Revue de l’Anjou, il succéda au Collège de France à Eugène Burnouf, où il fut chargé du cours de langue et de littérature sanscrit, puis donna des leçons de littérature et de langues orientales à l’Université Catholique de l’Ouest.